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Jean-Pierre Desmarais et Patrick Savoie, de l'École des énergies alternatives du Québec, ont harangué une
foule captivée par des propos parfois très techniques, mais assez clairs pour en retrouver son latin.
L'épuisement projeté des ressources de l'or noir sur la planète, dans une quarantaine d'années
semble-t-il, a créé un engouement marqué pour les moyens alternatifs de production énergétique. Le Nouveau-Brunswick et le Canada n'échappent pas à la règle, même si c'est encore très loin de ce que
font les Japonais, les Allemands et les Espagnols.
«Il ne faut pas juste réfléchir. Il faut prendre dès maintenant des actions concrètes pour sauvegarder
notre environnement et transformer notre mode de vie face à la consommation d'énergie», a expliqué M. Savoie aux spectateurs.
Les systèmes de conversion de l'énergie solaire et éolienne en électricité ont suscité beaucoup
d'intérêt, autant par leurs méthodes d'installation que par leur rendement. Seul hic au tableau, c'est le prix assez onéreux de ces installations, en raison de la relative nouveauté de cette
industrie et de la technologie.
Marc Dugas, électricien à Caraquet, a appris beaucoup de choses sur un sujet de plus en plus à la mode.
Il pourra même en faire bénéficier ses clients. Mais les coûts des systèmes vont en décourager quelques-uns, croit-il.
«Moi, je suis convaincu, mais ça coûte cher. C'est là que ce sera difficile à vendre. Personne ne sera
intéressé à investir là-dedans s'il faut 25 ans pour voir ton argent fructifier», affirme celui qui privilégie la méthode en Ontario, qui rachète les surplus de production.
Étudiant en environnement au CCNB-Bathurst, Martin Robichaud, de Shippagan, entend mettre à profit les
conseils, le jour où il construira sa propre maison.
«Je ne pensais pas que le soleil et le vent pouvaient donner autant d'énergie. Je croyais aussi que
c'était beaucoup plus dispendieux», a-t-il noté.
Agent de la Société de développement régional, Yvon Lanteigne, de Caraquet, s'attend à voir des gens
cogner à sa porte sous peu avec des projets de développement dans l'industrie éolienne.
«Je crois beaucoup dans l'énergie alternative. Personnellement, j'aimerais bien doter mon chalet d'une
source d'énergie écologique», admet-il.
Le conférencier Yves Gagnon, titulaire de la Chaire K.-C.-Irving en développement durable à l'Université
de Moncton, est venu rappeler l'énorme potentiel éolien de la province et de la Péninsule acadienne.
À ses yeux, le vent, c'est de l'argent.
Il a réitéré son souhait de voir les 400 mégawatts
d'énergie éolienne demandés par Énergie NB pour 2016 être mis en production le plus rapidement possible, afin de combler une partie du vide de 635 MW causé par l'arrêt de la centrale nucléaire de
Pointe Lepreau, en avril 2008.
Saviez-vous que…
— Le soleil produit, en une heure, assez d'énergie pour assurer la consommation électrique de la planète
pendant un an. Six heures, c'est l'équivalent des réserves pétrolières mondiales.
— Le Japon, avec deux fois moins de potentiel d'ensoleillement que le Canada, est au premier rang pour la
production d'énergie solaire au monde.
— Le Canada est le plus gros consommateur d'énergie par habitant au monde.
— Seulement en 2005, l'industrie de l'énergie alternative a généré des investissements de 20 milliards $
au pays.
— Le N.-B. peut produire plus de 43 000 mégawatts d'électricité avec uniquement un vent de sept mètres à
la seconde (jogging rapide), soit 11 fois la production actuelle de la province.
— Au tarif actuel d'Énergie NB, il faut 25 ans pour récupérer son investissement avec un système
d'énergie solaire et de 15 à 25 ans pour un système éolien.
— L'Ontario paie 0,42 $ chaque kilowatt d'électricité produite à l'énergie solaire (0,11 $ pour
l'éolienne) qui retourne dans le réseau d'Hydro Ontario. Grâce à cette énergie, la province n'a pas besoin de construire une centrale électrique au charbon avant 2030.
— Pour savoir combien vous coûterait approximativement un système alternatif d'énergie au soleil ou au
vent, il suffit de multiplier par 0,40 $ chacun des kilowatts-heure d'électricité que vous avez consommés dans l'année.
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